Lors du dernier conseil municipal a eu lieu le débat d’orientation budgétaire 2013. Il s’agit de débattre de la proposition de budget communal pour 2013. Nous retranscrivons ici l’intervention de Jean-Jacques Fredouille au nom du groupe EELV de Fontenay-aux-Roses.
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« L’économie mondiale est asphyxiée, la croissance est en berne, nous sommes et nous resterons en crise, les collectivités locales sont touchées et Fontenay-aux-Roses ne fait pas exception à la règle. Triste constat, mais constat exact. Les solutions passent-elles toutes obligatoirement par une reprise de la sacro-sainte croissante ? Notre groupe EELV ne le croit pas.
En attendant, il est important de redresser les comptes publics. L’équation que le gouvernement tente de résoudre est pour le moins compliquée et l’exercice a ses limites. Le gel des dotations aux collectivités locales étant confirmé, comment, dans ces conditions maintenir des services publics de qualité et les projets en cours tout en préservant, autant que possible, les classes populaires et moyennes d’une imposition qui les asphyxie. Pour les classes populaires nous espérons que ce sera possible, pour les classes moyennes ce sera beaucoup plus difficile !!
En ce qui concerne la péréquation horizontale, le Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) soumet, depuis l’année dernière, la communauté d’agglomération à une nouvelle dépense. Cette dépense était prévue à la hausse et passe pour Fontenay-aux-Roses d’environ 50 000€ à approximativement 120 000€ en 2013. Si sur le principe, et nous le disions déjà l’année dernière, il ne nous apparaît pas du tout scandaleux de créer un flux financier des villes « riches » vers les campagnes qui le sont moins, nous nous posons toujours la question de savoir si les critères définissant les villes contributrices sont équitables.
Si on sort du contexte national et intercommunal et si on se recentre sur notre ville, notre groupe a quelques remarques à formuler.
La première concerne l’indemnisation du CEA et de l’IRSN à la ville de Fontenay-aux-Roses.
Pourvu que nous touchions ces 9.5 M € le plus rapidement possible, cela permettrait d’atténuer un peu les effets de la crise et du désengagement de l’Etat. Cela ne serait que justice car nous savons depuis des années que ces entreprises, CEA et IRSN , ont aussi des activités commerciales qui auraient dues être assujetties à la taxe professionnelle. Mais le contentieux avec l’Etat n’étant pas terminé, et partant du principe que le résultat d’une procédure est toujours incertain, notre groupe pense que cet argent bloqué sur un compte à terme doit être utilisé avec parcimonie. 2M€ sur 9.5M€ cela semble correct. Pas plus pour ne pas plomber nos emprunts futurs.
La deuxième remarque est plus générale et concerne la crise écologique que nous traversons dans sa dimension énergétique et celle de la protection de la biodiversité. Il ne faut pas que la crise économique et financière nous fasse oublier cette crise écologique.
Notre ville possède un patrimoine immobilier communal relativement ancien et ayant par conséquent de médiocres performances énergétiques. Si nous nous félicitons de la volonté affichée de la municipalité pour réaliser des économies d’énergie, volonté traduite dans les faits (amélioration de la chaufferie dans tel équipement ou amélioration de l’isolation thermique dans tel autre), nous émettons des doutes sur la méthode employée et cela ne date pas d’hier. Nous formulons les mêmes réserves depuis des années.
Il n’y a pas d’approche globale sur le traitement de l’isolation des bâtiments. Nous demandons un véritable Plan d’économies d’énergie sur plusieurs années. Il ne faut plus opérer par opportunités, mais réaliser une vaste étude de thermicité bâtiment par bâtiment et établir une liste de priorité d’investissements à laquelle on puisse se référer.
Notre groupe l’a déjà mentionné, outre l’économie réalisée sur les dépenses de fluides qui sera immédiate, cela réduira notre exposition à l’augmentation inévitable du coût de l’énergie.
Il faut raisonner à long terme et ne pas se dire que si l’investissement n’est pas rentable avant 5 ans on ne le réalisera pas. Ce genre de raisonnement appartient au passé.
Enfin, toujours dans le volet énergie et patrimoine communal, améliorons d’abord l’isolation thermique des gymnases existants avant de penser à en créer un de plus !!
En ce qui concerne l’achat de mobilier sportif de musculation sur la coulée verte, nous nous interrogeons sur le devenir de cette coulée verte qui à nos yeux doit rester un espace naturel, un corridor écologique, et non un vaste équipement sportif à ciel ouvert.
Notre ville possède aussi des espaces verts de proximité que nous protégeons strictement depuis longtemps. Nous nous félicitons de la volonté municipale d’aller plus loin dans la protection de la biodiversité commune existante dans notre ville. Même et surtout en temps de crise, il faut réserver des sommes pour des aménagements d’espaces verts et ne pas les reporter : extension du square des Anciens Combattants, futur square Boris Vildé. Il y a urgence à protéger la biodiversité animale et végétale. Il est important de créer dans chaque ville des petites réserves de biodiversité. Parfois même ces milieux bénéficient d’un environnement sans pesticides, sans insecticides ni engrais et donc plus sain que dans certains coins de nos campagnes où l’agriculture intensive fait des ravages.
Budgétairement parlant, l’aménagement du 22 avenue Lombart coûte 150 000 € ce qui paraît raisonnable et la mare aux amphibiens tant décriée coûte entre 1500 et 2000€. Elle est indispensable pour l’équilibre du milieu, ce sera un but de balades pour les enfants avec leurs familles et à cet endroit, il y a 60 ou 70 ans existait une mare naturelle que les anciens fontenaisiens connaissaient bien pour y aller pêcher.
Protéger les milieux de vie des animaux et des végétaux, c’est aussi protéger l’Homme. »