TRIBUNES

 

En Ile-de-France, la ville grignote la campagne

Nous ne pourrons plus fièrement affirmer que dans notre région plus de 50 % de notre territoire est réservé aux espaces agricoles. Désormais, en région parisienne, les terres agricoles ne représentent plus que 48 % de l’ensemble (chiffres IAU : Institut d’Aménagement et d’Urbanisme).

Chaque année, 1 300 ha de bonnes terres cultivables sont construites. En 10 ans, en Île de France, le nombre d’exploitations agricoles a baissé de 20 %. Comment les exploitants agricoles pourraient-ils résister à cette pression immobilière quand on sait que pendant cette même décennie, le prix des terres agricoles a triplé ???

C’est un paradoxe quand on pense que nous allons importer de très loin et donc à un coût écologique effrayant des produits maraîchers que l’on pourrait cultiver à notre porte !

Notons, et c’est une bonne nouvelle, que dans notre région en 3 ans les terres consacrées à l’agriculture biologique ont augmenté de 70 %.

L’extension urbaine tentaculaire de la région parisienne doit cesser. Puisqu’il faut construire, car le manque de logements est dramatique, construisons là où c’est déjà construit, mais pas n’importe où ni n’importe comment. Analysons finement les densités de population, le maillage de transports en commun, la présence d’équipements publics pour décider d’une densification maîtrisée. Sur ces bases, recensons les opportunités à Paris et dans la petite couronne en concertation avec la population.

Nous devons à la fois préserver les espaces naturels et les terres agricoles et construire des logements. Voilà l’équation qu’il nous faudra résoudre dans les années qui viennent pour que notre région reste vivable.

L’illusion des gaz de schiste

L’Ile-de-France attire les convoitises. Alors que la production mondiale d’hydrocarbures conventionnels stagne, les pétroliers lorgnent sur les gaz de schiste. Ils promettent des réserves abondantes, ce qui reste à prouver, et une extraction « propre ».

L’exploitation de ce gaz a pourtant montré son impact sur l’environnement et la santé dans plusieurs pays. Pour l’extraire, on injecte d’énormes quantités d’eau et de produits chimiques dans les roches (fracturation hydraulique). Ces produits nocifs sont disséminés dans le sous-sol, avec des risques de contamination des nappes phréatiques. L’extraction génère par ailleurs des dégagements de méthane, dont l’impact sur l’effet de serre est bien supérieur au CO2.

De plus les géologues savent qu’on ne peut extraire qu’une infime partie des réserves. Un puits de « gaz de schiste » voit son débit chuter de 50 % après un an d’exploitation, et de 80 % au bout de deux ! L’exploitation des gaz de schiste est tout sauf durable car elle nécessite de multiplier les puits. Pour de nombreux économistes, le développement frénétique du gaz de schiste aux États-Unis présente tous les signes d’une bulle spéculative.

Une fois extrait, ce gaz a vocation à être brûlé pour satisfaire notre voracité énergétique. On ne peut pas sérieusement fixer l’objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre tout en ouvrant une nouvelle filière d’énergie fossile ! Cette tentative d’exploitation des gaz de schiste est symptomatique du vieux modèle intenable basé sur les énergies fossiles.

Veut-on couvrir la région de puits de forage et assumer les conséquences de leur exploitation pour prolonger notre addiction de quelques années seulement ? Pour les écologistes, la réponse est non. L’avenir est à la sobriété, aux économies d’énergies et aux renouvelables.

L’impact du déneigement au sel

Cette année, deux millions de tonnes de sel ont été utilisées dans notre pays pour saler routes et trottoirs au cours de l’hiver.

Cet apport de sel en excès a des conséquences non négligeables sur notre environnement. Il se retrouve dans le sol et le sous-sol, dans les nappes phréatiques, les rivières et les lacs.

Ce sel est un corrosif toxique pour la faune d’eau douce, notamment les poissons et les batraciens.

Il est aussi irritant pour les coussinets des pattes des chiens domestiques de nos villes.

Son action corrosive s’exerce aussi sur la flore puisqu’il s’attaque aux racines des plantes. Les Romains le savaient déjà il y a plus de 2000 ans. Pour détruire de manière définitive Carthage, leurs légionnaires ont salé les champs autour de la ville privant ainsi les habitants de toute ressource alimentaire.

Par ailleurs, le sel est coûteux car il dégrade les voiries qu’il faut ensuite réparer.

Les pays du nord de l’Europe n’utilisent pas de sel en hiver. Il existe donc des alternatives à son emploi. En ce qui concerne la circulation automobile, on peut utiliser du sable seul, favoriser l’utilisation de pneus neige et développer l’apprentissage de la conduite sur neige. Pour les piétons, à défaut de chaussettes à enfiler par dessus les chaussures, il existe des crampons à fixer en dessous.

Enfin des produits dérivés du raisin qui en se décomposant produisent de la chaleur pourraient remplacer avantageusement le sel. Ces résidus sont actuellement incinérés.

Les solutions existent, elles permettraient de protéger notre biodiversité sans compliquer nos déplacements en hiver.

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : projet inutile, coûteux, illégitime et anti-écologique

Il y a au moins quatre bonnes raisons pour s’opposer à ce projet d’aéroport de la région nantaise.

Tout d’abord, le trafic aérien est un gros producteur de gaz à effet de serre et un grand consommateur de pétrole. L’urgence est donc de le limiter et non de le stimuler.

Ensuite, même si cet aménagement était légal, il ne serait certainement pas légitime. Des agriculteurs sont expropriés et les riverains sont farouchement opposés au projet.

De plus, les hypothèses économiques utilisées pour nous « vendre » la rentabilité de l’opération n’intègrent ni le coût de construction du futur train reliant l’aéroport à la métropole nantaise ni la flambée à venir du prix du kérosène.

Enfin la zone aéroportuaire sera construite sur des zones humides essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes. Or, là-bas comme ici, la préservation de la biodiversité est fondamentale.

C’est ce que nous faisons à Fontenay-aux-Roses avec l’extension du square des Anciens combattants avenue Lombart. Des espaces naturels au cœur des villes doivent être aménagés pour que les insectes puissent y trouver un milieu sans insecticide ni pesticide : sans abeilles, pas de pollinisation et pas de récoltes ! Conservons aussi le patrimoine génétique végétal en plantant des variétés anciennes d’arbres fruitiers et de légumes car elles résistent mieux aux maladies et peuvent être croisées avec les variétés actuelles : sans cultures saines, pas de récoltes non plus !

Préservons le plateau de Saclay

Le plateau de Saclay, à deux pas de chez nous, que l’on traverse sans un regard pour partir en vacances ou plus simplement pour aller travailler aux environs d’Orsay, mérite mieux que cela.

On peut s’y promener le long de canaux, de bois et de champs où se réfugient la faune et la flore de l’Ile-de-France. On y trouve aussi des fermes, une abbaye, ainsi que des ruines d’époque gallo-romaine.

Malheureusement, les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, veulent aménager cette zone pour en faire un pôle européen universitaire et technologique avec son cortège de densification et d’augmentation du trafic automobile. Récemment J M Ayrault a annoncé son soutien à « Paris-Saclay » et s’est déclaré « investi personnellement » dans cette O.I.N (Opération d’Intérêt National) qui va saccager espaces naturels et terres agricoles. F. Hollande avait promis concertation et dialogue ! ! Qu’en est-il ? ?

Il faut sauvegarder le plateau de Saclay tel qu’il est car c’est un patrimoine naturel, agricole et historique de première importance pour notre région, et parce que Paris a besoin d’une agriculture de proximité.

Pourquoi cette obsession à vouloir détruire des terres fertiles et cultivées ?

Pourquoi gaspiller de l’énergie en transports de denrées venant des quatre coins de la France ou du monde ?

Sauvons Saclay !

EELV vous souhaite bonheur, air pur et nourriture saine pour 2013.

Biodiversité ?

L’érosion de la biodiversité ne cesse de s’amplifier. Mais qu’importe après tout ! La disparition d’une espèce ne changera pas la face du monde. Prudence toutefois… Selon la métaphore de Paul et Ann Ehrlich, les espèces sont aux écosystèmes ce que les rivets sont au fuselage d’un avion. Il peut en perdre un sans grand dommage mais plus il en perd et plus le risque de sa dislocation augmente. Il en va de même pour les espèces. Les relations qu’elles entretiennent sont si complexes que l’on ne sait pas quels sont les éléments de la biodiversité dont la disparition entraînerait l’effondrement de l’ensemble.
C’est pourquoi il faut la protéger et la conforter partout, y compris en ville. C’est ce que Fontenay et Sud de Seine s’efforcent de faire sous l’impulsion des écologistes. Il s’agit ici de mieux connaître et protéger la « nature ordinaire », celle que vous rencontrez sur le pas de votre porte, les « sauvages de votre rue ». De la formation des jardiniers municipaux à la vente de composteurs à prix réduits, du laisser pousser les herbes folles à l’installation d’ « hôtels » pour les abeilles sauvages, de la création de prairies de fauche à l’incitation du public à contribuer aux programmes de « science participative » visant à mieux connaître la faune et la flore qu’abritent nos villes, les actions sont multiples, diverses, variées.
Mais il faut bien prendre conscience qu’il ne suffit pas d’avoir des espaces verts nombreux et bien gérés, il faut que ces espaces soient reliés entre eux pour qu’animaux et plantes puissent entrer en contact, que circulent graines et pollens. Sinon, la vie sauvage et donc la biodiversité déclinera inexorablement. Tout interstice urbain est donc le bienvenu, notamment les pieds des arbres où il faut, n’en déplaise à certains grincheux, laisser la nature s’exprimer avec toute l’exubérance dont elle est capable.
Joyeuses fêtes de fin d’année.

Le Grand Paris de la démesure !

Par Vincent Gazeilles, conseiller général EELV des Hauts-de-Seine

Loin des enjeux de qualité de vie et de développement durable, le projet de Grand Paris nous promet une extension tous azimuts de l’Île-de-France via des projets urbains conséquents, un accroissement de la population et de très coûteuses lignes de transports hors des zones d’habitation, pour un montant total estimé de plusieurs dizaines de milliards d’euros !

Même si Noël approche, il faut avoir le courage de dénoncer ce projet pharaonique, alors que la crise, la dette et le contexte de rigueur actuel nous imposent de faire au mieux avec peu.

  • Initié par le gouvernement précédent, ce pilotage étatique d’une région est d’abord la négation du principe de décentralisation qui donne aux conseils régionaux la maîtrise de leur devenir.
  • Ensuite, le choix de soutenir financièrement une attractivité et un développement sans limite de la région parisienne s’oppose directement au développement équilibré de la France, alors que d’autres territoires sont plus en difficulté en province.
  • La concentration d’activités et de populations pose plusieurs problèmes dont la hausse inévitable du coût des terrains, des logements ainsi que le bétonnage inacceptable de zones boisées, non construites ou agricoles (plaines de Saclay ou de Montjean etc.).
  • Le Grand Paris vise 70 000 nouveaux logements par an mais oublie les annexes (crèches, écoles, espaces divers, déchetteries, plate-formes multimodales, gestion des marchandises etc.).
  • Le projet complet de réseau de transports en commun du Grand Paris Express est hors de prix (évalué à 35 milliards). Investir de telles sommes sans réflexion critique sur le choix des technologies et des matériels au regard des besoins est irresponsable. C’est la meilleure façon de vider les caisses pour de luxueux aménagements et être incapable ensuite d’assurer la rénovation, l’amélioration ou l’extension des métros, RER, tramways et bus existants.
  • Si une rocade en zone dense autour de Paris apparaît utile pour anticiper la baisse inévitable de la circulation routière, une analyse fine des besoins et des coûts doit permettre une planification plus optimisée.

Un développement équilibré et durable de notre région et des autres régions françaises implique l’arrêt de l’extension de l’Île-de-France, la préservation indispensable de toutes les terres agricoles et des espaces de nature, la possibilité de se loger dignement et de se déplacer via des transports en commun adaptés aux besoins et correctement entretenus.

Au delà de sa belle communication, le Grand Paris ne répond pas à ces objectifs. Une révision s’impose.

Pour une ville cyclable

La journée de la mobilité est là pour faire la promotion des modes de déplacements alternatifs à la voiture particulière. Parmi eux, le vélo a une place de choix. La municipalité vient d’achever l’aménagement d’un double-sens cycliste rue Jean Jaurès qui se maille avec celui du Boulevard de la République. Dès lors que la sécurité le permet, d’autres rues en « zone trente » sont progressivement mises en double sens cycliste sans autre aménagement qu’une signalisation et un marquage au sol comme le permet le code de la route. Pour ce qui est du stationnement sécurisé, des arceaux pour attacher les vélos ont été installés dans la cour de la mairie, à la piscine et à la médiathèque. Un des obstacles à l’usage du vélo à Fontenay est le relief, le vélo électrique est d’une aide précieuse pour le surmonter. Notre agglomération en subventionne l’achat dans le cadre de son Projet territorial de développement durable. Ainsi, la place du vélo dans notre ville a été améliorée.

Certes, il reste encore beaucoup de choses à faire. Il faut ouvrir d’autres rues à la circulation des cyclistes à double-sens, en commençant par celles proposées par le « groupe vélo », instance de concertation créée il y a deux ans : les rues Briant, J-N Pelnard et F. Pécaut par exemple. Une vieille revendication des associations de cyclistes est aujourd’hui inscrite dans le code de la route : « le tourne-à-droite » à certains feux rouges. Cet équivalent de la flèche orange clignotante pour les voitures mériterait d’être appliqué à Fontenay. Côté stationnement, des arceaux pour attacher son vélo manquent encore en divers lieux de la ville, notamment au Centre Scarron, sur la place de l’église, devant le cinéma et certaines supérettes.

Un partage plus équitable de la voirie en faveur des cyclistes et des piétons est une œuvre de longue haleine surtout lorsque l’on veut obtenir l’adhésion des gens à des mesures et à des aménagements de voirie dont ils ne voient pas d’emblée l’intérêt.

Document: les bénéfices et les risques de la pratique du vélo – Evaluation en Ile-de-France (Observatoire Régional de Santé Ile-de-France)